Replay | Webinaire plateformes physiques de réemploi dans le BTP
Raediviva et EnvirobatBDM ont organisé le 9 avril 2026 un webinaire sur les plateformes de réemploi dans le BTP en présentant la synthèse de 4 études métropolitaines et des leviers d’action. Le replay et les supports sont disponibles.
Le réemploi de matériaux dans le Bâtiment et les Travaux Publics (BTP) devient un enjeu de structuration territoriale. C’est le constat qui ressort du webinaire organisé par Raediviva et EnvirobatBDM, dédié à l’analyse de quatre études majeures menées sur les métropoles d’Aix-Marseille-Provence, du Grand Paris, Lyon (à portée nationale) et Toulouse.
Une dynamique portée par des acteurs clés
Cette initiative, soutenue par l’ADEME et la Métropole d’Aix-Marseille Provence, a réuni des expertes de terrain pour décrypter les conditions de réussite d'implantation et fonctionnement des plateformes de réemploi. Les interventions de Marie Turpin (Raediviva), Clara Beillouet et Elisa Warchol (Métropole du Grand Paris), Joanne Boachon (Minéka), et Julie Verrecchia (Envirobat Occitanie) ont mis en lumière les défis communs et les spécificités locales.
Les 4 études en détails
- Métropole Aix-Marseille-Provence (Raediviva) : L’étude a abouti à la définition d’un modèle idéal de plateforme "hybride et coopérative". Il s’agit d’un lieu multi-acteurs combinant stockage, ateliers de reconditionnement, showroom et espaces de formation. Le modèle prône une gouvernance collective (type SCIC) et une plateforme numérique fédératrice pour mutualiser les catalogues sur l’ensemble de la région Sud. L’objectif est de créer un maillage territorial solide pour répondre à la demande croissante.
- Métropole du Grand Paris (Booster du Réemploi) : Dans le cadre du projet européen PREUSE, l’étude a identifié 15 filières prioritaires (dalles gravillonnées, charpentes bois, briques, sanitaires, moquettes, etc.). Face à un marché "vierge", la métropole a mis en place un dispositif d’aide à l’immobilier d’entreprise (lancé en avril 2025) offrant un cofinancement jusqu’à 200 000 € sur 3 ans pour soutenir l’investissement, la location de foncier et l’extension de centres de réemploi. Cinq projets ont déjà été soutenus.
- Région Auvergne-Rhône-Alpes (Minéka / CRSE) : Joanne Boachon a présenté un guide opérationnel issu du collectif Matorà. Ce "kit de démarrage" accompagne les porteurs de projets pour monter leur matériauthèque. L’étude logistique a montré l’intérêt de la mutualisation : 7 plateformes sont aujourd’hui co-financées pour partager un catalogue numérique commun et un logiciel de gestion de stock, permettant de répondre à des appels d’offres de grande ampleur (ex : 100 tonnes de pavés collectés pour un projet à Saint-Étienne).
- Toulouse Métropole (Envirobat Occitanie) : L’étude a recensé 287 revendeurs de matériaux en France, dont 142 correspondent à la définition de plateforme physique de réemploi. Les résultats montrent que 35 % sont situés en zone urbaine, mais que la majorité se trouve en zone périurbaine ou rurale (coût du foncier + proximité des chantiers). Ces structures ont un modèle économique fragile, reposant sur une diversification des activités (formation, bureaux d’études, dépose sélective...) et un soutien public crucial pour l’installation et le démarrage de l'activité.
Points communs et leviers d’action
La synthèse de Marie Turpin révèle quatre constats majeurs :
- Le foncier est la clé de voûte : L’accès à des espaces vastes et abordables reste le premier frein.
- Le modèle économique hybride : La vente de matériaux (souvent inférieur au neuf) doit être compensée par des prestations de service (logistique, formation, conseil).
- La standardisation des données : Le développement de catalogues numériques partagés est indispensable pour fluidifier l’offre et la demande.
- Le rôle structurant des collectivités : Au-delà du foncier, elles doivent activer la commande publique pour créer un débouché stable.
Le replay du webinaire
Pour aller plus loin
- Les supports de présentation compilés
- Les guides et études cités :